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Et Orwell peut aller se rhabiller

  Les crimes et délits policiers n’existent pas, ailleurs que dans la tête de ceux qui les voient, en dehors des corps qui les subissent. Les policiers sont par essence des victimes de la vindicte de médias islamo-gauchistes. Vive al-Sahhaf ! L’invasion de l’Irak n’a jamais eu lieu, les fiers soldats de Saddam ont repoussé les flasques yankees qui périrent dans leur vaine tentative de s’emparer de Bagdad la magnifique. Mohamed Saïd al-Sahhaf a gagné une renommée mondiale lors de l’invasion de l’Irak par les troupes étatsuniennes en 2003. Et, rétrospectivement, on peut dire qu’il n’a pas volé sa notoriété avec ses discours enflammés assurant que l’armée irakienne tenait bon face à l’envahisseur alors que les GI’s défonçaient la porte du studio télé où il se trouvait. Il a été le prophète de notre temps : il annonçait que la politique serait un discours gouvernemental, non plus seulement trompeur comme il était d’usage, mais totalement invraisemblable, abs...

Des militaires à la conquête des cœurs et des esprits

  Les interventions militaires de ces dernières semaines dans l’espace public ont été lues, à raison, en clefs politiques. Mais ce faisant, on a un peu oublié qu’il s’agit précisément de militaires, dont le langage suit surtout une logique contre-insurrectionnelle (qui diffère de la politique des partis). Or, sous ce prisme, le message est assez différent : ils n’annoncent pas un danger de guerre, ils sont en guerre, bien que leur objectif soit politique, et même électoral. Une offensive à l’arme psychologique Les différentes tribunes de militaires publiées ces dernières semaines par l’hebdo Valeurs Actuelles occupent une grande place de l’espace médiatique. Du côté des partis politiques, chacun a pris position. Sans surprise, à l’extrême-droite (qui inclut une bonne part de la droite) on loue le “courage” des interventions militaires et on adhère aux contenus des textes. Côté gouvernement, après avoir tâché d’en minimiser l’impact, on s’emploie à attaque...

McKinsey, l’art coûteux de l’embrouille

Il y a quelques mois, nous étions nombreux à écouter pour la première fois le nom de McKinsey, en apprenant que le “cabinet de conseil en stratégie” étatsunien était chargé de diriger (ou “conseiller”) la campagne de vaccination. Plusieurs journaux français se sont étonnés qu’avec le nombre de polytechniciens, énarques et autres brillants élèves de hautes-écoles en gestion des vies et des marchandises (souvent confondues), il faille avoir recours à une boîte extérieure. Ils étaient moins nombreux à remarquer que ce McKinsey venait de reconnaître sa responsabilité dans le scandale des opioïdes aux États-Unis, encore moins à souligner son rôle dans la crise financière de 2008 et à peu près personne pour rappeler que les faillites magistrales d’Enron et de Swissair en 2001 doivent beaucoup aux fameux “conseils en stratégie” de ce même cabinet. Non, il y était toujours question du “prestigieux cabinet de conseil” dont gouvernements et multinationales se battraient les précieuses compétence...

Une attaque contre-insurrectionnelle en règle

  Ici, je vais analyser trois documents récents, deux textes publiés sur des sites liées à des militaires, l’un signé par des généraux –“lettre des généraux” désormais- et republié par l’hebdomadaire Valeurs Actuelles le 21 avril, l’autre par des colonels –“réponse des colonels”- et signalé par la revue Regards , et une intervention télévisée de M me  Maréchal Le Pen le 29 avril. Les contenus de ces trois documents dialoguent entre eux et se comprennent sous le prisme d’une idéologie particulière, celle de la contre-insurrection (que nous évoquerons à travers certains de ses auteurs de référence, les colonels Charles Lacheroy et David Galula). Maréchal Le Pen, dont nous avions déjà remarqué la propension à faire passer du Lacheroy  [ 1 ] pour du Gramsci  [ 2 ] , confirme son inscription dans cette tradition militaire française. Elle ne se contente pas de justifier et soutenir l’appel, elle juge plus généralement que les milita...

Bolloré et le parti des porcs

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  Tout d’abord, une précision sur le vocabulaire : l’expression “Parti des Porcs” n’est pas revendiquée par les principaux intéressés, il s’agit d’une appellation forgée (ou du moins popularisée) par le groupe NTM durant les années 1990. Elle nous semble très pertinente pour offrir une compréhension immédiate de qui elle désigne, sans quoi l’entité reste légèrement brouillée par des changements de noms et de discours (“Front National” puis “Rassemblement National”, noms qui ne semblent pas faire consensus parmi ses militants, si bien qu’il nous apparaît plus judicieux de les mettre d’accord sur l’appellation offerte par un tiers, NTM en l’occurrence). Autre avertissement. Lundimatin n’a pas trop l’habitude de publier des articles sur les jeux politiciens et préfère des textes qui apportent des compréhensions de fond, aussi je m’excuse d’emblée d’amener le lectorat dans la bauge des petits calculs d’apothicaire qui saturent déjà la plupart des autres médias. ...

La droite maréchaliste et Gramsci

  M me  Maréchal-Le Pen aime à dire qu’elle s’inspire du célèbre secrétaire général du Parti Communiste d’Italie, Antonio Gramsci qui a passé bonne partie de sa vie dans les geôles de Mussolini. Cela n’est guère surprenant, dans la mesure où depuis quelques années des politiciens des plus variés font de même par un effet de mode focalisé sur quelques termes –effectivement très parlant aujourd’hui- extraits du vocabulaire de Gramsci (“bataille culturelle” et “hégémonie” surtout). Néanmoins, s’agissant de M me  Maréchal-Le Pen le cas est un petit peu plus intéressant car elle reproduit une rhétorique parfaitement identifiable, provenant du monde militaire, que Gabriel Périès a nommé la “stratégie de la fausse citation”  [ 1 ] . Le chercheur, spécialiste en doctrine de contre-insurrection, avait démontré que nombre d’officiers qui citaient sans cesse des théoriciens marxistes, de Lénine à Mao en passant par Trotski ou Giap, en réalité inv...

Le Bureau des Retouches

  Dans cet article, Jérémy Rubenstein et Johan Sébastien nous proposent de penser le débat autour de la loi Sécurité Globale et de son article 24 depuis la fiction et à partir de l’histoire de la guerre psychologique. Ou comment la maîtrise des image, le travail sur le sensible et les perceptions, ont toujours été au cœur des stratégies de contre-insurrection. « La Com-Ré (commissaire-réalisatrice) éructait au téléphone tandis que j’essayais, tant bien que mal, de monter les images envoyées au petit matin par la BIF (Brigade d’Intervention Filmique). C’était à peu près impossible. Outre des cadrages pourris, les bras-cassés de la BIF avaient presque exclusivement filmé nos agents écrasant de leurs tonfas les têtes noires des sans-papiers. Dans l’obscurité, avec l’infra-rouge, on voyait une battue de personnes effrayées tâchant de fuir les coups de Robocops. Tout ce qu’il ne fallait pas. L’Inspecteur-Chef Scénariste avait pourtant été très clair...